Probablement habitée dès le néolithique, comme l’attestent les sites préhistoriques,  Mons a probablement  connu  une amorce d’urbanisation à l’époque romaine ce qui explique peut-être le premier nom de la colline : Castrilocus.

 

 

Dès le VIIe siècle, lorsque Waudru crée un établissement religieux, la population s’installe sur les flancs du mont. Cette fondation monastique constitue le premier jalon du développement de la ville. L’architecture est essentiellement en bois, en argile et en colombages. Les intervalles entre les poutres seront obturés de torchis puis de briques (XIVe siècle). La couverture sera réalisée avec du chaume, des tuiles et des escailles (ardoises), originaires de Montbliart et de la région de Chimay. Ces matériaux  inflammables ont alimenté des incendies dévastateurs, ce qui explique le peu de vestiges de cette première architecture traditionnelle.  

 

 

Si la première origine de la ville est religieuse, la deuxième est militaire. Entre le IXe et le Xe siècle, le Comte de Hainaut s’installe au sommet de la colline pour y construire une place forte. Les premières fortifications en terrassement et en bois deviendront en pierre sous le règne de la Comtesse Richilde.

Au XIIsiècle, Mons est entourée d’une première enceinte dite « comtale », il en subsiste de nombreux vestiges tels ceux de la Rue de la Terre du Prince ainsi qu'à l'arrière de maisons de la rue de la Chaussée.

Ce mur est composé de moellons grossiers de grès et de rognons de silex, noyés dans un mortier abondant. Il comportait 3 portes.        

                                                                                                                                                                         

La voûte de la crypte de St-Calixte, dans le parc du château, est composée de matériaux irréguliers dont des lames de schiste et de calcaire.

 

 

 

 Rue de la Terre du Prince


                                                                                                               

 

On a trouvé des vestiges d’une enceinte intermédiaire (XIIe et XIIIe siècle) dans la rue des Fossés. La toponymie des rues y fait également référence : rue des Fossés, rue de la Peine perdue.  

 

 

Au XIIIe siècle, une nouvelle muraille urbaine voit le jour : l’enceinte dite communale, financée par la recette de taxes sur le vin et la bière (maltôtes accordées à la ville par le Comte). La Tour Valenciennoise en constitue un vestige ainsi que le plan global de la ville et les rues principales suivant la direction des 4 points cardinaux qui ont déterminé l’emplacement des portes de la ville : Portes du Parc, de Nimy, d’Havré et de Bertaimont.  Pour être complet, il faut encore ajouter deux portes d’eau à l’entrée (Porte des Guérites) et à la sortie (Porte du Rivage) de la Trouille. 

Serrure de l'Hôtel de Ville représentant symboliquement une porte de la ville et la bretèche de la maison de la paix.

Autre vestige du XIIIe siècle : la Chapelle Sainte-Marguerite ou l’Attacat. Réalisée en matériaux irréguliers (rognons de silex), arc en plein cintre constitué de blocs bien taillés en grès de Bray, elle est un témoin d’architecture romane.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chapelle Ste-Marguerite, Rue des Sars


Du XIVe siècle date la reconstruction de la chapelle St Calixte, l’Eglise des Récollets, actuel chevet de Notre-Dame de Messines et des vestiges de la maison de la paix tels que l’entrée d’une cave dans l’actuel Hôtel de ville.

Des nouvelles rues sont créées (Rue Courte, de la Voussure, à Degrés) et une importante opération d’urbanisme (1348-1356) va permettre d’agrandir le marché et donner sa configuration à la Grand-Place. A cette époque, les premières mesures de sécurité sont adoptées (1392) en matière de construction : interdiction d’utiliser des matières inflammables.

                      

Deux édifices majeurs sont construits au XVe siècle : la Collégiale Sainte-Waudru (1450-1691) et l’Hôtel de ville (1456-1477). Mathieu de Layens, auteur de l’Hôtel de ville de Leuven apparaît sur les deux chantiers, deux superbes édifices de style gothique brabançon. L’homogénéité de la Collégiale en fait sans doute l’exemple le plus « achevé », le plus illustratif du style gothique finissant en Belgique.

 Collégiale Ste-Waudru

 


 

 

 

 

 

 

 

Hôtel de Ville


Peu à peu, le bois de construction est remplacé par la pierre et la brique dans l’architecture civile urbaine ; au XVIe siècle, premier âge d’or de l’architecture privée, le décor de briques noires se détache sur les murs de briques rouge-orangé.   

                    

La maison dite « espagnole » est réalisée dans la tradition des Pays-Bas méridionaux. Il s’agit d’une architecture sobre, « économique », utilisant souvent la brique seule. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Maison "espagnole"   


Création de la rue du Miroir, de la rue de la Clef, du marché aux herbes et de règles d’urbanisme strictes (parcellaire imposé par les échevins, matériaux de construction et décor architectonique prédéterminé). L’exemple le plus spectaculaire est entièrement en pierre et de modénature très gothique : le Blan Levrié (1530)

 Grand Place - Blan Levrié


L’hôtel de Peissant d’inspiration renaissance est parfois attribué à Jacques Du Broeucq.

 

 

 

 

 

 

 

 31, Rue des Clercs - Hôtel de Peissant


Les fortifications sont développées, modernisées autour de la ville et s’étendent loin de l’enceinte médiévale.

 

Quelques édifices baroques apparaissent au XVIIe siècle : la chapelle Saint-Georges sur la Grand-Place (1602), l'église Saint-Nicolas en Havré...

Chapelle Saint-Georges


 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Le Mont de Piété (1625), subsistance de l'architecture économique apparue au XVIe siècle.


Mais le chantier majeur est celui du Beffroi.  

En 1661, la Tour à l’horloge, construite au XVe siècle, s’effondre. Une tour de guet, l’actuel beffroi, sera alors édifié en 7 années. 

La façade arrière du couvent des Visitandines est un exemple d’architecture classique exceptionnel pour Mons qui est passée facilement du gothique au baroque sans longue transition.

 Façade arrière des Visitandines, renaissante mais tardive (côté Gendarmerie)


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chapelle des Visitandines                      


Le XVIIIe siècle est le second âge d’or de l’architecture privée à Mons. L’influence de la France sera prépondérante. Les exemples de constructions sont nombreux, des rues entières ont été rebâties à cette époque. Les fortifications espagnoles du XVIe siècle résisteront 3 semaines aux assauts des armées de Louis XIV en 1691 ; ce roi les renforcera pendant l’occupation (1691-1697) et la reconstruction des quartiers incendiés ou détruits pendant le siège sera régie par les ordonnances de l’intendant Voisin. Des règles impératives sont imposées tant pour les matériaux que pour l’urbanisation. 

De nombreux hôtels de maître, des immeubles entre cour et jardin sont construits, tel le 20 rue des Telliers. Des rues entières seront bâties notamment en style Louis XIV : rue Notre-Dame, rue Antoine Clesse, rue des Marcottes, Rue de la Chaussée, Grand rue…

Hôtel de la couronne Grand Place style Régence et Louis XV  


 

 

 

 Rue de Nimy - Style Régence   


 

 

 

 

 

 

 

Rue Bervoets habitation au décor Louis XVI et ferronnerie Louis XV                 


 

C’est également l’époque de construction de nombreux refuges d’abbaye.

 

Refuge abbaye d’Aulne rue d’Havré n°36,  de style régence


La chapelle des Visitandines  (voir photo plus haut) ainsi que celle des Ursulines sont de cette époque, elles constituent le témoin de la survivance du style baroque.    

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Chapelle des Ursulines


En 1781, Joseph II déclare Mons ville ouverte et ordonne la démolition des fortifications autrichiennes de 1750 qui remplaçaient celles de 1691.     

 

Le cimetière dit des « quatre paroisses » et dont l’intérêt patrimonial est majeur,  est créé sur le Mont Saint-Lazare en 1784. La tombe la plus ancienne subsistant aujourd'hui est celle de la famille d'Hardenpont (1788)

  Tombe de Charles Terrasse (1855) style éclectique.


Le directoire et le style empire ont laissé peu de traces à Mons. Citons l'Hôtel Duvivier, rue du 11 novembre.

           

 

Le XIXe siècle connaît des grands chantiers urbanistiques. Les Montois assistent à la démolition des 6 portes de la muraille médiévale et à la construction de nouvelles fortifications (1815-1861). En effet, le congrès de Vienne, craignant un retour offensif de la France, décide de fortifier quelques villes du Royaume des Pays-Bas. Ces fortifications ne serviront jamais et seront démantelées entre 1861 et 1865.

Vestiges des fortifications hollandaises : les casemates et la Boulangerie militaire.


Après la démolition, de vastes terrains sont affectés à d’autres usages et sont urbanisés.  De vastes chantiers sont mis en œuvre : la distribution d’eau potable (1870) et la construction de la deuxième gare (1871). Les boulevards sont tracés, des rues transversales sont créées et des centaines de maisons sont édifiées. Certaines rues sont implantées sur les vestiges de bastions, ce qui explique leur tracé en zigzag : c’est le cas de la rue du Fish Club. 

       

Le style Léopold II, ou Haussmannien, est illustré par la Place Léopold et la rue Léopold II.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Buste de M. Spanoghue    


Les constructions publiques sont d’inspiration diverses, de style éclectique ou historticiste

 

 

 

 

 

 

 

Gendarmerie de style Tudor


   

 

 

 

 

 

 

 

Anciens abattoirs (néo-roman) 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ancienne poste (néo-renaissance)


Le métal et le verre font leur apparition dans le Manège de cavalerie de l’architecte Sury (1850) et la Machine à eau (1870)

            

Le souci social prend corps et, avec lui, naissent les cités ouvrières telles que la cité Hoyaux1881 à Cuesmes.

                        

A l’extrême fin du XIXe et au début du XXsiècle, fleurissent des exemples d’architecture de style  orientalisant (boulevard Dolez, n°1 et 3), d'Art Nouveau  et d'Art Déco. La maison Losseau en est l’exemple le plus spectaculaire.

                 

L’Art Déco est très bien représenté par le Mundaneum (ancien magasin « L'Indépendance »).

 

Rue de Nimy, 76


Dans les années 1960 -1970, grâce à des techniques de pointe, des bâtiments sont conçus en hauteur; Mons voit sa silhouette se modifier. Les matériaux utilisés sont le métal, la brique et le verre. Citons le Delta et la Tour du Nursing  aujourd’hui disparus et la cité universitaire Pierre Houzeau de Lehaie.

 

 

                    

L’architecture sociale n’est pas en reste lorsque l’on songe à la Cité du Bois de Mons réalisée par René Panis.

Le modernisme est illustré par des œuvres de Jacques Dupuis, Raoul Godefroid et René Panis, architecte de la gare actuelle, édifice fonctionnel datant de 1952. 

 

Pour compléter ce panorama de l’architecture montoise, l’architecture contextuelle du XXe siècle, consistant à intégrer des constructions contemporaines dans l’habitat ancien sans rupture d'échelle, avec des matériaux choisis et sans pastiche.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rue Cronque, arch. André Godart


Et enfin, les Cours de justice constituent avec l’auberge de jeunesse les derniers grands chantiers du XXème siècle. Cette architecture postmoderniste met en œuvre le béton et la pierre (inauguration au XXIe siècle), le verre (théâtre du Manège), le métal (bâtiment de la CSC, rue Claude de Bettignies).           

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Cours de Justice, rue des Droits de l'Homme   


Avec le XXIe siècle naît une nouvelle architecture industrielle, professionnelle dans le nouveau Mons, sur le site du Parc Initialis, la zone de développement économique.